Glomel : s’informer sur les isolants minces

Glomel : s’informer sur les isolants minces

L’isolation thermique de nos maisons devient essentielle, notamment dans le cadre du Diagnostic de performance énergétique (DPE) 2011. Que devrions-nous penser de certains produits miracles, tels que l’isolation mince qui nous dit que nous pouvons rivaliser avec 20 cm d’isolation conventionnelle par nous-mêmes ?

Ce produit est-il aussi efficace qu’on vous le dit ?

C’est un matériau qui a la caractéristique de ralentir l’échange de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur d’un bâtiment. Concrètement, les matériaux isolants empêchent la perte de chaleur vers l’extérieur en hiver et l’entrée de chaleur à l’intérieur en été.

Les deux paramètres à maintenir pour le choix de l’isolation sont R et Lambda :

> R représente la résistance thermique du matériau et est exprimée en m².°C/W. Plus la valeur R est élevée, plus le matériau est isolant. Logiquement, R augmente aussi avec l’épaisseur de l’isolation : les couches s’additionnent, et R aussi.

> Lambda représente la conductivité thermique du matériau et est exprimée en W/m.°C. Plus le lambda est petit, moins la matière conduit la chaleur ou le froid.

Comme vous l’aurez compris, une bonne isolation aura donc un R élevé et un lambda faible.

Les matériaux isolants peuvent être classés en plusieurs grandes familles :

  • Les fibres minérales,
  • végétales ou animales : la laine de roche et la laine de verre, très courantes,
  • mais aussi le bois, le lin, le chanvre ou la laine de mouton.
  • Matériaux synthétiques : polystyrène expansé ou extrudé, polyester et polyuréthane, efficaces mais non exempts de toxicité.
  • isolants minéraux, plus rares : perlite, vermiculite, argile expansée, verre cellulaire
  • matières renouvelables (autres que les fibres) : cellulose, liège

Le cas particulier des isolateurs minces

Il y a une dernière famille, celle des isolants minces, aussi appelés « isolants réfléchissants », « multicouches »… ou autres slogans commerciaux testés en soufflerie. Leur épaisseur varie de 5 à 30 mm, ce qui est un grand avantage en termes de gain de place lors des rénovations. Je pense en particulier au grenier, où la hauteur sous le toit est déjà limitée.

On prétend souvent que leurs performances thermiques sont équivalentes à des épaisseurs beaucoup plus élevées que celles des isolants classiques. La formule ressemble généralement à « l’équivalent de 200 mm de laine de verre ! « Cette déclaration surprend déjà de nombreux ingénieurs thermiques… et pourtant, on continue de produire, de vendre et d’installer de minces isolants !

Alors, maintenant que vous êtes spécialiste de l’isolation, une question vous brûle les lèvres : ces isolants minces sont-ils efficaces ?

Difficile à dire sans les 2 paramètres essentiels qui sont maintenant connus par cœur pour définir une isolation : R et Lambda. Et vous ne trouverez que rarement ces valeurs pour des isolateurs minces. Faites le test à la maison, prenez le catalogue de n’importe quel grand magasin de bricolage, allez à la page des isolateurs, les R sont présents pour la laine de verre, la laine de roche, le polystyrène… pas pour les isolateurs fins…

Où est la réalité scientifique ?

Une analyse récente du CSTC a permis d’évaluer les performances thermiques hivernales de plusieurs isolateurs minces.

La conclusion est sans appel :

« Dans les conditions de l’étude du CSTC, un isolant mince installé de manière optimale a, au mieux, une résistance thermique R de 1,7 m².C/W. Cette résistance thermique correspond à une épaisseur d’isolation conventionnelle de 68 mm, ce qui est loin des 200 mm annoncés… En 2010, une isolation mince ne peut à elle seule constituer un isolant aux performances acceptables sous nos latitudes. »

Vous l’aurez compris, lorsque vous achetez un isolant mince, vous achetez un isolant classique de 68 mm d’épaisseur, soit R=1,7 et ce en partant du principe que sa pose respecte les règles de l’art et est d’une rigueur de laboratoire scientifique.

À titre de comparaison, 240 mm de laine de verre ont un R=6 et il n’est pas rare aujourd’hui de poser deux couches croisées lors de l’isolation du grenier d’une maison. Une isolation mince peut donc éventuellement être utilisée en complément d’une isolation, mais elle n’est en aucun cas un isolant efficace.

Plus d’infos : infos-utiles.fr

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